Les voitures avec volant au millieu, ça existe vraiment ?

Voiture avec volant au milieu : ça existe vraiment (et pour qui c’est fait)

Ce que veut dire “volant au milieu” (position centrale de conduite) vs volant à droite/gauche

Quand on dit “volant au milieu”, on parle d’une position de conduite centrale : le siège conducteur est placé pile sur l’axe de la voiture, et le volant, le pédalier et le tableau de bord sont centrés.

À ne pas confondre avec :

  • Volant à gauche (France, Europe continentale) : conducteur côté gauche.
  • Volant à droite (Royaume-Uni, Japon…) : conducteur côté droit.

Le “volant au milieu”, c’est une autre philosophie : on ne choisit pas un côté de la route, on choisit la symétrie.

Pourquoi c’est rare sur route : contraintes techniques, coût, homologation

Sur le papier, conduire au centre semble “évident”. En vrai, c’est rare parce que ça complique tout :

  • Packaging : colonne de direction, pédalier, renforts de planche de bord, chauffage/clim, essuie-glaces… tout doit être repensé.
  • Sécurité : airbags, zones de déformation, crash-tests, position des capteurs… une architecture centrale demande des validations spécifiques.
  • Coûts industriels : pour un constructeur, ça veut dire une cellule et un intérieur dédiés, donc des volumes très faibles = cher.
  • Homologation : c’est OK si le véhicule est conçu comme ça dès l’origine. Mais “convertir” une voiture standard en volant central, c’est une autre histoire (on en reparle plus bas).

Le point concret pour toi : est-ce pratique au quotidien (ville, autoroute, parking) ?

Dans la vraie vie, le volant au milieu, c’est le meilleur et le pire en même temps.

Ce qui est top :

  • Visibilité “symétrique” : tu es naturellement centré, tu places la voiture au millimètre.
  • Conduite agréable sur route sinueuse : sensation de précision, repères cohérents à gauche/droite.

Ce qui peut te fatiguer vite :

  • Péages, parkings, bornes, drive : tu n’es “du bon côté” de rien. Prévois de te contorsionner… ou d’avoir un passager.
  • Dépassements : tu n’es ni côté axe médian (volant à gauche en France), ni côté bas-côté. Il faut parfois avancer un peu plus pour voir.
  • Accès à bord : selon la voiture, tu “rampes” plus que tu ne t’assois.

En clair : génial comme expérience, mais pas le meilleur choix pour une voiture-dodo-boulot, sauf si tu assumes le côté “objet rare” et les compromis.

Quelles voitures ont le volant au centre ? Les modèles à connaître (route, piste, concepts)

Les icônes homologuées route : McLaren F1, Gordon Murray T.50 (et ce que ça change à bord)

McLaren F1 (années 90) : la référence absolue. Posture centrale, deux sièges passagers reculés de chaque côté (config 1+2). Résultat : tu es aux commandes comme dans un cockpit, avec une lecture hyper naturelle de la route et du gabarit.

Gordon Murray Automotive T.50 : héritière spirituelle de la F1. Même logique conducteur central + 2 passagers, pensée dès le départ autour de cette architecture (donc intégration plus “moderne” sur ergonomie/sécurité).

McLaren Speedtail : autre exemple marquant en 1+2, avec conduite centrale et philosophie Grand Tourer très exclusive.

Ce que ça change à bord, concrètement : tu ne “subis” plus un intérieur pensé autour d’un volant à gauche/droite. Tout est dessiné autour de toi… mais tes passagers ne sont pas à côté : ils sont en léger retrait, ce qui modifie l’usage “social” de la voiture.

Les ultra-légères et “piste-friendly” : BAC Mono et autres mono-places/bi-places atypiques

Si tu vois un volant au centre, il y a de grandes chances que ce soit… une voiture qui flirte avec la piste.

BAC Mono : mono-place (un seul siège) avec position centrale, pensée pour maximiser ressenti et précision. Sur route (quand la version est homologuée selon marché), c’est surtout une vitrine technologique et un jouet ultra radical.

On trouve aussi des engins très typés track-day (selon pays et versions) où la position centrale est un choix logique : moins de compromis, plus de sensations. Mais attention : “piste-friendly” rime souvent avec bruit, confort spartiate, garde au sol, entretien pointu.

Concept-cars et prototypes (dont Citroën) : pourquoi on en voit surtout en salon

Les concept-cars adorent le volant central parce que c’est visuel, futuriste… et ça raconte une histoire en 3 secondes.

Côté Citroën, l’exemple le plus connu est le Citroën Karin (concept de 1980) avec un conducteur central et une architecture très “triangle/cockpit”. En salon, c’est parfait : on montre une idée d’ergonomie, de visibilité, de symétrie.

Pourquoi ça reste souvent au stade de concept ? Parce qu’entre “ça a l’air génial” et “on le produit en série avec crash-tests, airbags, coûts maîtrisés, ergonomie péage/parking”, il y a un canyon.

Les alternatives proches : poste de conduite “quasi central” et configs 1+2 (conducteur au milieu)

Si tu cherches l’esprit “central” sans aller jusqu’au délire d’un cockpit unique, il existe des alternatives :

  • Configuration 1+2 (conducteur au centre, deux sièges passagers légèrement en arrière) : c’est le compromis le plus logique pour rester utilisable.
  • Poste “quasi central” : certaines autos donnent une sensation centrée (console, position assise, pare-brise très enveloppant), même si le volant est à gauche/droite. Ce n’est pas pareil, mais au quotidien, c’est souvent plus viable.

Pourquoi mettre le volant au milieu : les vraies raisons (ergonomie, performances, sécurité)

Visibilité et placement sur la route : tu vois mieux… mais tu dois réapprendre tes repères

Le gain le plus immédiat, c’est le placement. En conduite centrale, tu “lis” la route comme si tu suivais un trait au milieu de la voiture.

Mais il y a un piège : tu perds tes repères habituels (bord de capot côté conducteur, distance au trottoir “à ta gauche”, etc.). Les premiers kilomètres, tu peux te surprendre à :

  • te croire trop près du bas-côté (alors que tu es bien),
  • hésiter sur la largeur en ville/parking,
  • être moins à l’aise pour juger un dépassement (tu n’es pas côté ligne médiane en France).

En résumé : meilleure précision, mais petit temps d’adaptation.

Répartition des masses et châssis : intérêt réel vs argument marketing

Techniquement, conduire au centre aide à :

  • standardiser la plateforme (pas besoin de faire une version LHD et RHD),
  • optimiser l’équilibre du poste de conduite (poids conducteur centré),
  • simplifier certains compromis de direction sur des architectures spécifiques (selon implantation).

Mais soyons honnêtes : sur route, le “gain de performance” vient rarement juste du volant au milieu. Il vient surtout de l’ensemble : châssis, pneus, géométrie, rigidité, aérodynamique. Le volant central, c’est souvent la cerise technique sur un gâteau déjà très sérieux.

Sensations de conduite : symétrie, précision, et fatigue sur longs trajets

La sensation “waouh” vient de la symétrie : tes mains, tes pieds, ton regard… tout est aligné. Ça donne une impression de contrôle très propre, presque chirurgicale.

Sur long trajet, en revanche, ça peut fatiguer pour des raisons bêtes mais réelles :

  • interactions extérieures (péages/parking/drive) pénibles,
  • habitacle souvent plus bruyant/raide sur les modèles concernés,
  • position assise parfois plus “course” que “berline”.

Compromis de design : accès à bord, pédalier, colonne de direction, airbags

Mettre un conducteur au centre oblige à repenser des zones critiques :

  • Colonne de direction : gestion de l’absorption en cas de choc (la colonne ne doit pas devenir une lance).
  • Pédalier : espace, rigidité, et cohérence avec le servo-frein/maître-cylindre (selon architecture).
  • Airbags : emplacement, déclenchement, compatibilité avec la planche de bord et la ceinture.
  • Accès : portes, seuils, largeur utile… sur certaines autos, entrer/sortir est un sport.

Conclusion : c’est faisable, mais quand c’est bien fait, c’est pensé dès la feuille blanche. Et ça explique pourquoi on ne “bricole” pas ça facilement.

Est-ce légal d’avoir un volant au milieu en France/Europe ? Homologation, contrôle technique, assurance

Homologation : véhicule conçu comme ça d’origine vs modification après coup

Oui, c’est légal d’avoir un volant au milieu… si la voiture est homologuée comme ça (réception européenne/type-approval ou réception nationale selon cas).

La grosse distinction :

  • Véhicule conçu d’origine avec conduite centrale : pas de souci “de principe”, tu l’immatricules et tu l’entretiens comme une auto normale (avec les contraintes d’un modèle exotique).
  • Véhicule modifié après coup : là, tu changes des organes de sécurité majeurs (direction, poste de conduite, airbags…). En pratique, c’est le chemin le plus court vers l’impasse administrative si ce n’est pas encadré par une réception.

En France, une transformation lourde doit passer par une réception à titre isolé (RTI) via la DREAL (et potentiellement des essais/justificatifs techniques). Et une conversion “volant central” coche quasiment toutes les cases “très compliqué”.

Contrôle technique : ce qui peut bloquer (direction, airbags, ceintures, visibilité, fixations)

Au contrôle technique, le volant au milieu en soi n’est pas un motif. Ce qui compte, c’est l’état et la conformité des systèmes.

Ce qui peut bloquer (surtout si c’est une auto modifiée) :

  • Jeux/anomalies de direction, fixations douteuses, pièces non adaptées.
  • Voyant airbag allumé, système SRS absent ou incohérent après modification.
  • Ceintures : ancrages, enrouleurs, prétensionneurs, fonctionnement.
  • Visibilité : essuie-glaces efficaces, pare-brise, champ de vision, rétros conformes.
  • Fixation du siège et rails : sécurité structurelle.

Si la voiture est d’origine et homologuée, c’est surtout un CT “classique”. Si elle est transformée, le contrôleur peut vite tiquer si ça ressemble à du sur-mesure non justifié.

Assurance : déclaration obligatoire, risques de refus/majoration, comment te protéger

Côté assurance, retiens une règle simple : tout ce qui modifie la voiture par rapport à son état d’homologation doit être déclaré.

Risques si tu ne dis rien :

  • Refus de garantie ou réduction d’indemnisation en cas de sinistre si l’assureur estime que la modification a aggravé le risque.
  • Litige sur la conformité du véhicule (surtout si transformation touchant direction/airbags).

Comment te protéger :

  • Demande un accord écrit (avenant) qui décrit clairement la configuration.
  • Fournis factures, rapport d’expertise si besoin, et documents d’homologation/RTI si c’est une transformation.

Importation : cas des voitures déjà homologuées ailleurs (dossier, conformité, coûts)

Importer une voiture à conduite centrale peut être simple… ou très long, selon son statut :

  • Modèle déjà homologué UE : le plus simple (certificat de conformité/CoC selon cas), démarches d’immatriculation classiques + taxes.
  • Modèle hors UE / série très limitée : tu peux te retrouver avec une RTI, donc dossier technique, justificatifs, et parfois essais. Les coûts peuvent vite grimper (administratif + mise en conformité éventuelle).

Ordres de grandeur (très variables selon véhicule/pays/dossier) : entre quelques centaines d’euros de paperasse quand tout est “clean”, et plusieurs milliers si une RTI/essais sont nécessaires.

Conversion “volant central” : faisabilité, prix, risques… et quand il vaut mieux oublier l’idée

Ce que ça implique vraiment : direction, pédalier, faisceau, tableau de bord, airbags

Sur une voiture standard, passer en volant central, ce n’est pas “déplacer un volant”. C’est reconstruire le poste de conduite et toucher à des organes critiques :

  • Direction : colonne, crémaillère (ou renvois), angles, sécurité en cas de choc.
  • Pédalier : support, rigidité, position du servo-frein/maître-cylindre, capteurs.
  • Faisceau électrique : capteurs, ECU, modules airbag, commodos, multiplexage.
  • Tableau de bord : structure, aérateurs, instrumentation, visibilité.
  • Airbags/SRS : c’est le point noir. Déplacer/adapter un système airbag sans validation constructeur, c’est généralement no-go d’un point de vue sécurité et assurance.

Dit autrement : si tu voulais une opération “raisonnable”, tu viens d’ouvrir la porte d’un chantier d’ingénierie.

Combien ça coûte : fourchettes réalistes, main-d’œuvre, pièces, imprévus

Une conversion propre et fiable, c’est surtout de la main-d’œuvre qualifiée et de la fabrication sur mesure.

Fourchettes réalistes (très dépendantes de la base et du niveau de finition) :

  • Projet “show car” non routier : souvent 10 000 à 30 000 €… et on peut monter bien plus haut si l’intérieur est refait.
  • Projet routier “propre” avec objectif de conformité : compte plutôt 30 000 à 80 000 €+, et le vrai sujet n’est pas le budget… c’est l’homologation et la responsabilité.

Imprévus classiques qui font exploser l’addition : incompatibilités électroniques (airbag/ESP), pièces spécifiques introuvables, besoin de refaire supports/renforts, et réglages (géométrie, calibrations capteurs).

Les risques qui font grimper la note : sécurité, fiabilité, revente, responsabilité en cas d’accident

Les 4 risques majeurs à avoir en tête :

  • Sécurité : une direction ou un airbag “adapté” sans validation, c’est un vrai risque physique, pas un détail.
  • Fiabilité : vibrations, faisceaux modifiés, faux contacts… les pannes “fantômes” adorent les conversions.
  • Revente : marché minuscule. Beaucoup d’acheteurs fuient une auto modifiée sur des organes vitaux.
  • Responsabilité : en cas d’accident grave, une transformation non homologuée peut déclencher expertises, litiges, et problèmes d’assurance.

Le moment où il vaut mieux oublier l’idée : quand ta motivation principale est “ce serait stylé” mais que tu veux quand même rouler au quotidien et être tranquille. Dans ce cas, vise plutôt un modèle conçu d’origine avec conduite centrale (ou une alternative 1+2 déjà homologuée).

Checklist anti-arnaque : questions à poser, documents à exiger, signaux d’alerte sur un devis

Si quelqu’un te propose une conversion “facile et pas chère”, alerte spoiler : c’est rarement bon signe.

Questions à poser (avant de signer quoi que ce soit) :

  • “Quelle est la stratégie d’homologation en France ? RTI DREAL prévue ou usage non routier ?”
  • “Qu’est-ce qui est fait sur l’airbag/SRS ? Désactivé ? Reconfiguré ? Avec quelles preuves de sécurité ?”
  • “La direction : pièces d’origine modifiées ou pièces conçues et calculées ?”
  • “Qui endosse la responsabilité technique ? Un pro identifié ? Une assurance pro ?”
  • “Quels documents j’aurai à la fin : factures détaillées, plans/photos, rapports, PV éventuels, conformité ?”

Documents à exiger :

  • Devis ligne par ligne (main-d’œuvre, pièces, sous-traitance), pas un total “conversion volant central : 12 000 €”.
  • Factures des pièces utilisées (références, provenance).
  • Si l’objectif est la route : tout élément lié à la RTI (dossier, échanges, exigences).

Signaux d’alerte (tu peux lever le capot et partir en marche arrière) :

  • On te dit “t’inquiète, le CT passera” sans parler de RTI, conformité, ou assurance.
  • Airbag supprimé / voyant masqué / “on mettra une résistance”.
  • Devis flou, pas de délais, pas de responsabilité clairement assumée.
  • Argumentaire basé sur l’effet waouh, zéro explication technique sur direction/SRS.

Si tu veux une règle simple façon tut-tut : déplacer un volant, c’est facile. Faire une voiture sûre, assurable et légalement carrée avec un volant au milieu, c’est une autre discipline.

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